Archives mensuelles : février 2009

L’odeur de la coupe

(Texte écrit le samedi 21 février 2009)

(© Sébastien Lavallée, 2009)

(© Sébastien Lavallée, 2009)

Ils étaient une quarantaine dès 11 h 00 ce matin à parcourir les allées de la boutique du Centre Bell où les Canadiens affronteront les Sénateurs d’Ottawa. Une clientèle fidèle, malgré les récents événements entourant l’équipe de Montréal : congé forcé de Kovalev et les probables relations douteuses de Roman Hamrlik et des frères Andrei et Sergei Kostitsyn. Sachant que l’organisation du Canadien de Montréal tente, depuis le début des années 2000, de rajeunir sa clientèle, est-ce que les adeptes de la Sainte-Flanelle s’inquiètent pour l’image que ces sportifs projettent? «Ce sont des modèles, ça peut nuire», explique Denis Dubé qui est venu du Nouveau-Brunswick avec sa femme et ses deux enfants Maxim et Alex pour assister au match.

Chez les adultes, le culte demeure à son comble! On ne se formalise pas trop des récentes défaites ni des déboires hors glace du CH. Phanie Charbonneau, gérante de La Cage aux Sports, explique «tout le monde a regardé Lance et compte dans les années quatre-vingt, on sait comment ça se passe et ça ne change rien à l’affluence : tous les billets sont vendus! Les gens sont même plus fan que jamais.» Rien ne semble donc empêcher la fibre religieuse de vibrer chez les partisans.

Et ne nous soumets pas à la tentation…

Dévouement oblige, certains parents ne désirent pas entacher la vision de LEURS Canadiens chez leurs enfants : «Nous essayons de ne pas trop les informer», explique toujours Denis Dubé. D’autres, comme Nathalie Cyr, venue d’Edmundston avec sa fille Audrey, coiffée d’une tuque et d’un chandail tricolores fraîchement acquis, y voit plutôt une «opportunité d’éducation puisque ces jeunes athlètes sont des proies faciles dans ce genre de situation.»

Il va sans dire, la fièvre du hockey se transmet des parents aux enfants lorsqu’il est question du CH. Les 21 273 places du Centre Bell trouvent preneurs à chacun des affrontements de l’équipe. «Ça fait dix ans que je travaille à la Cage aux Sports et je n’ai jamais vu autant d’engouement, ajoute Phanie Charbonneau. Les gens viennent même lorsque l’on diffuse un match à l’étranger.» Les fidèles sont inconditionnellement liés à leur équipe et ce n’est pas quelques défaites qui viendra nuire à leur optimisme, Mme Cyr s’exclame même : «Cela fait en sorte qu’on va apprécier les victoires encore plus!»

… mais délivre nous du mal

À l’issue du match de cet après-midi, il ne restera qu’à attendre les résultats de l’enquête que les dirigeants de la Ligue nationale de hockey (LNH) ont enclenchée pour trouver la vérité dans cette histoire mêlant les trois joueurs du Canadien à Pasquale Mangiola, un individu qui a été arrêté lors de l’opération Axe de la police de Montréal qui visait le démantèlement d’un réseau de trafic de drogues. Le moral des fans étant au même niveau que l’équipe l’avait laissé en quittant Montréal pour une série de rencontres à l’étranger, espérons que les spectateurs d’aujourd’hui assisteront à cette victoire tant convoitée qui permettra enfin de continuer d’espérer connaître la vraie odeur de la coupe.

(© Sébastien Lavallée, 2009)

(© Sébastien Lavallée, 2009)

(© Sébastien Lavallée, 2009)

(© Sébastien Lavallée, 2009)

(© Sébastien Lavallée, 2009)

(© Sébastien Lavallée, 2009)

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Diversité

Avec la photo, les jours ce suivent et ne se ressemblent pas: voici des photos prises aujourd’hui. Après le Gatineau Loppet et pendant que je me demande si ça vaut la peine de prendre un bain de foule demain matin pour voir passé Obama dans une limousine noire, voici Phylip:

(© Sébastien Lavallée 2009)

(© Sébastien Lavallée 2009)

(© Sébastien Lavallée 2009)

(© Sébastien Lavallée 2009)

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Gatineau Loppet

Voici quelques photos du Gatineau Loppet de cette année. N’oubliez pas de me laisser vos commentaires!

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«Justice et vérité»: Réclame la famille de Fredy Villanueva

Une cinquantaines de manifestants réunis au parc Henri-Bourassa pour appuyer la famille Villanueva

Une cinquantaines de manifestants réunis au parc Henri-Bourassa pour appuyer la famille Villanueva (© Sébastien Lavallée 2009)

La famille Villanueva et une cinquantaine de manifestants ont unis leur voix aujourd’hui, à l’endroit même ou le jeune Fredy Villanueva est décédé le 9 août 2008. Ils se regroupèrent afin de se faire entendre par le gouvernement provincial : «Québec ne veut pas payer pour ses citoyens, mais c’est les citoyens qui payeront les avocats des policiers avec les fonds publiques!», déclara Alexandre Popovic, porte parole de la Coalition contre la Répression et les Abus Policiers (CRAP).

Si la décision de reporter le début de l’enquête publique, qui devait débuter le 16 février, soulage les familles, la question financière demeure au cœur du débat : «Nous voulons que le Premier ministre prenne position, scanda M. Popovic lors du rassemblement, nous voulons que l’État québécois respecte sa promesse d’assumer les coûts de la représentation légale au cours de l’enquête publique.»

Conserver le rapport de force

Organisée conjointement par la CRAP ainsi que par Montréal-Nord Republik, l’événement visait à «montrer qu’on est encore en rapport de force, expliqua Guillaume Hébert, porte-parole de Montréal-Nord Républik, avec le ministère de la Sécurité publique, c’est toujours une fin de non-recevoir, il n’y a pas de feedback sur nos demandes.» C’est cette attitude du ministère de la Sécurité publique qui pousse la famille à participer activement pour une des premières fois à une manifestation, comme le précise M. Hébert : «Depuis qu’ils ont annoncé que le policier Lapointe ne serait pas poursuivit, ils sont plus revendicateurs.»

À forces égales

La marche, qui commençait dans le stationnement du parc Henri-Bourassa où le jeune homme perdit la vie, se déroula dans le calme et fut encadrée par une forte présence policière. L’événement survient une journée après que la CRAP ait porté plainte au ministère de la Sécurité publique pour s’opposer à la décision de ne pas couvrir les frais de représentation légale des deux autres victimes et témoins : Denis Méas et Jeffrey Sagor Métellus. Les Villanueva ont déjà droit à un avocat qui les accompagne dans leurs démarches. Les policiers auront droit à six avocats. «Nous cherchons à faire en sorte de trouver la vérité. En ce moment, les forces ne sont pas égales, pense Sophie Sénécal, aussi porte-parole de la CRAP, il faut continuer à faire pression pour obtenir les autres demandes des familles.»

Il est à noter que les familles tentent de faire la preuve qu’il leur fut confirmé, dès le 2 décembre 2008, que l’état assumerait le coût des frais d’avocats. Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, soutient qu’il n’en fut jamais ainsi, que seul un avocat – celui de la famille Villanueva – était prévu.

La soeur de Fredy Villanueva, Patricia (© Sébastien Lavallée 2009)

La soeur de Fredy Villanueva, Patricia (© Sébastien Lavallée 2009)

La mère de Fredy Villanueva (© Sébastien Lavallée 2009)

La mère de Fredy Villanueva (© Sébastien Lavallée 2009)

(© Sébastien Lavallée 2009)

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(© Sébastien Lavallée 2009)

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Le véritable défi du sport paralympique

Après un passage à Pékin plus difficile que prévu – quatre médailles de bronze plutôt que les cinq d’or et une d’argent récoltées à Athènes en 2004 – Benoît Huot, nageur paralympique, croit que la place offerte à ces athlètes s’améliore, mais qu’il reste encore du chemin à faire : «Je fais partie de l’équipe nationale depuis 10 ans et je dois dire qu’il y a un grand changement : on a beaucoup plus de facilité qu’auparavant. C’est essentiellement une question de visibilité.»

Benoît Huot, nageur paralympique

Benoît Huot, nageur paralympique (© Sébastien Lavallée 2008)

Après avoir appris, en novembre 2007, que le Comité olympique canadien (COC) offrirait des bourses pouvant aller jusqu’à 20 000$ par médailles d’or aux athlètes olympiques, le nageur perçoit le tout d’un bon œil : «Le COC possède un budget plus élevé que celui du Comité paralympique canadien, mais il y a de moins en moins de différences entre ce qu’obtiennent les athlètes olympiques et ce que l’on obtient. On se dit que s’ils ont réussi à obtenir ces bourses, ce sera nous les prochains!»

«Si ce n’est pas à la télévision, ça n’existe pas!»

L’athlète se montre déçu de la couverture télé des Jeux paralympiques : «La visibilité apporte une grande différence: si ce n’est pas à la télévision, ça n’existe pas! Il y a eu des tentatives auprès de Radio-Canada, mais sans succès.» Il est donc nécessaire de faire connaître cette manifestation sportive par d’autres moyens aussi efficaces. À ce titre, Benoît Huot estime qu’il doit beaucoup à ses commanditaires: «Le fait de faire partie de l’Équipe Visa, un commanditaire olympique avant tout, offre plus de notoriété et de visibilité. Ce qui nous différencie des athlètes olympiques, c’est que la reconnaissance et le support ne sont pas les mêmes. Les commanditaires, comme Visa par exemple, sont souvent même obligés, s’ils veulent appuyer des athlètes, d’y inclure le volet paralympique.»

À ce sujet, il estime que des personnes telles que Chantal Petitclerc sont les mieux placées dans cette lutte: «C’est la meilleure ambassadrice pour la cause, pour le sport. Il n’y a pas de différence dans la perception des gens entre elle et Alexandre Despatie, par exemple. C’est aussi un emblème du sport paralympique par la nature de son handicap.»

Au-delà du handicap

Le problème de visibilité se fait sentir surtout pour les athlètes comme Benoît Huot pour qui le handicap n’est pas aussi apparent – il est né avec une malformation du pied – que celui de Chantal Petitclerc: «Le sport paralympique n’inclut pas seulement des handicaps majeurs. Il y a différentes catégories et les athlètes s’affrontent selon ces catégories. La plupart des gens ont de la difficulté à comprendre cet aspect du sport.» En ce qui concerne l’entraînement et l’implication personnelle, il n’y a cependant pas de différences entre les athlètes paralympiques et olympiques: « Le niveau des compétitions rivalise de plus en plus avec celui des évènements olympiques. Avant c’était surtout participatif, mais maintenant il y a plus de critères, c’est beaucoup plus du sport d’élite.»

Ce nageur, qu’un virus avait empêché de répéter son exploit d’Athènes lors des jeux de Pékin, se prépare déjà pour les prochains jeux, à Londres: «J’espère bien y être, j’aurais pu faire mieux à Pékin. Cependant, quatre ans c’est long, on ne peut pas prévoir ce qui va arriver entre-temps.»

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Publié dans Le Reporter de décembre 2008

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